1895 : invasion française
1915 : premier mouvement de résistance
1942 : invasion britannique
1946 : Raseta, Rayoahangy et Rabamananjara, du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) sont
les premiers députés malgaches de l’assemblée constituante française.
Le 29 mars 1947 éclate une insurrection dans la colonie française de Madagascar. Elle va provoquer des dizaines de milliers de victimes sans que quiconque ou presque s’en émeuve.
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En 1947, la Grande Île compte 4 millions
d’habitants dont 35.000 Européens.
La côte orientale, au climat tropical, compte beaucoup de plantations coloniales où l’on cultive le clou de girofle et la vanille, principale richesse de l’île. Les habitants de cette région
souffrent plus que les autres du travail forcé. Celui-ci, qui donne lieu à de nombreux abus, est remplacé en 1924 par des« travaux d’intérêt général », guère plus réjouissants !
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’administration de l’île se met aux
ordres du gouvernement collaborationniste de Vichy avant de rendre les armes aux Anglais qui occupent Madagascar en 1942.
Les Anglais remettent l’île aux représentants du général de Gaulle. Maladroits, ces
derniers multiplient les réquisitions sous prétexte d’accélérer le développement de l’économie. Ils humilient les habitants en leur appliquant de façon rigoureuse le statut de
l’« indigénat ». A Tananarive, la capitale, les élites malgaches se prennent à rêver aux principes de liberté édictés par les Anglo-Saxons dans la Charte de l’Atlantique.
Beaucoup revendiquent une intégration complète de l’île dans la République française.
Trois députés malgaches à l’Assemblée constituante française fondent dès 1946 à Paris le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM)
L’Insurrection
Le 29 mars 1947, l’île se soulève. L’administration n’est pas prise au dépourvu mais elle n’a rien fait pour empêcher l’insurrection. A Diego-Suarez, Fianarantsoa et Tananarive, les insurgés
sont tenus en échec. Ailleurs ils remportent des succès avant d’être refoulés. Des plantations européennes isolées sont attaquées. La répression est impitoyable. Dès le mois d’avril, les
autorités envoient à Madagascar un corps expéditionnaire de 18 000 hommes - essentiellement des troupes coloniales et en particulier des tirailleurs sénégalais; il sera porté à 30 000
hommes.
L’armée française opère une répression aveugle : exécutions sommaires,
torture, regroupements forcés, incendies de villages.
Elle expérimente une nouvelle technique de guerre "psychologique" : des suspects sont jetés vivants d’un avion afin de terroriser les villageois de leur région.
Elle expérimente des armes biologique dans les
forêts.
La lutte va se poursuivre dans l’Est du pays, où deux zones de guérilla
résistent dans la forêt pendant plus de 20 mois.
En métropole, quelques journaux parlent du soulèvement, mais le gouvernement et l’ensemble des organes de presse minimisent son importance et ne disent rien de la
répression.
En vingt mois, selon les comptes officiels de l’état-major français, la
“pacification” a fait 89.000 victimes chez les Malgaches. Les forces coloniales perdent quant à elles 1.900 hommes. On relève aussi la mort de 550 Européens, dont 350
militaires.
Dès le début, le gouvernement de Paul Ramadier avait fait porter la responsabilité de l’insurrection sur les trois parlementaires malgaches du MDRM. Les trois jeunes parlementaires, informés du projet d’insurrection, avaient diffusé dans les villages un télégramme demandant instamment à chacun d’éviter les violences. Leur appel était resté sans effet, mais pour le gouvernement français ce télégramme était en fait un texte codé qui signait leur “crime”. Leur immunité parlementaire ayant été levée, ils sont arrêtés et torturés. La justice française les jugera coupables, retenant la thèse du complot du MDRM. Deux d’entre-eux seront condamnés à mort, avant d’être finalement graciés.
En métropole, Le Figaro et L’Humanité parlent du soulèvement, mais
le gouvernement et l’ensemble des organes de presse minimisent son importance et ne disent rien de la répression. L’opinion publique, il est vrai, est davantage préoccupée par le
rationnement, les grèves et la guerre froide.
L’insurrection de 1947 a été gommée de la mémoire collective des Français.
En date du 10 juillet 1947, le président de la République, Vincent Auriol,
écrivait : « Il y a eu évidemment des sévices et on a pris des sanctions. Il y a eu également des excès dans la répression. On a fusillé un peu à tort et à
travers »
1956 : après la défaite en Indochine (1954), La France redéfinit son territoire colonial. Transfert du pouvoir exécutif aux autorités malgaches.
1958 : Philibert Tsiranana est à la tête du gouvernement.
14 octobre 1958 : institution de la république malgache.
26 juin 1960 : proclamation de l’indépendance de Madagascar.






bonjour DD,
merci pour ce site et les photos nombreuses et magnifiques.
cela se sent quand quelqu'un aime notre île !
par contre il faudrait revoir vos chiffres à la grande baisse réellement exagérés pour ce qui est de la révolte de 47 ! jamais il n'y a eu de massacre tel que vous décrivez ! faites des recherches approfondies et vous verrez.
bonnes fêtes prochainement à vous et aux vôtres
Cath la zanatany
Je découvre avec consternation l'histoire de Madagascar et le joug colonial de notre chère patrie
Merci Annie pour vos commentaires. Hé oui le passé coloniale est occulté et comme dirait Anne Roumanof "on ne nous dit pas tout"
Amitié,
André
Effectivement éffaçé de notre mémoire colective, et épisode colonial n'est pas très glorieux ...heureusement que les Malgaches d'aujourd'hui ne soient pas trop rancuniers !