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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 03:10

 

 

L'insurrection de 1947 a été gommée de la mémoire
collective des Malgaches comme des Français


Madagascar 29 mars 1947
 Date anniversaire
du massacre de la population civile
par l'armée française
 89 000 morts d'après l'administration coloniale
300 000 morts d'après les insurgés
 la France, toujours le pays des libertés... !! ?



Après la deuxième guerre mondiale, tout le monde n’avait pas droit à la libération... La France, dans la continuité de sa politique coloniale, a fait subir aux Malgaches un massacre de masse, un carnage parmi d’autres (Algérie, Vietnam, Afrique noire...). Quand pacification rime avec épuration, colonisation avec liquidation... Le colonialisme sauvage a permis aux riches de conforter leurs positions dominantes, et depuis, rien n’a changé.
A partir du 29 mars 1947, à Madagascar, la France va perpétrer un massacre sans précédent, puisqu’en quelques jours, il y aura plus de 90.000 morts recencés par l'administration coloniale. Les insurgés en comptabilisent 300 000 en tenant compte des nombreuses personnes mortes de maladies et de faim, qui ont du fuirs dans la forêt car les soldats ont semés la terreurs en rasant les villages et en détruisant toutes les récoltes.
 
Et pourtant, ces faits inadmissibles de notre histoire coloniale sont complètement ignorés et n’apparaissent pas dans les livres d’histoire. 

Sous prétexte que des militants indépendantistes malgaches voulaient prendre des armes à la caserne de Moranmanga, dans la nuit du 29 mars 1947, l’armée française massacre la population civile de tous les villages voisins et les incendient.
Sur ordre de Marius Moutet, ministre socialiste des colonies au cabinet Ramadier, des renforts de l’armée française sont envoyés à Madagascar, qui vont continuer à massacrer la population malgache. Dissimulé sous le terme de « pacification », c’est un véritable massacre raciste qui sera exécuté, puisque c’est au cri de « mort aux cafards » que des milliers de civils sont abattus, en visant à éliminer tout particulièrement les cadres de Madagascar. L’armée française en profite pour tester de nouvelles armes sur la population malgache et sa stratégie anti-insurrectionnelle.
Avec tous ceux qui sont morts dans les camps, on dénombrera plus de 300 000 cadavres.





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Le chemin vers l’indépendance


1895 : invasion française
1915 :
premier mouvement de résistance
1942 :
invasion britannique
1946 :
Raseta, Rayoahangy et Rabamananjara, du Mouvement démocratique de la rénovation malgache (MDRM) sont les premiers députés malgaches de l’assemblée constituante française.

Le 29 mars 1947 éclate une insurrection dans la colonie française de Madagascar. Elle va provoquer des dizaines de milliers de victimes sans que quiconque ou presque s’en émeuve.

 

                                          °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

 

En 1947, la Grande Île compte 4 millions d’habitants dont 35.000 Européens.
La côte orientale, au climat tropical, compte beaucoup de plantations coloniales où l’on cultive le clou de girofle et la vanille, principale richesse de l’île. Les habitants de cette région souffrent plus que les autres du travail forcé. Celui-ci, qui donne lieu à de nombreux abus, est remplacé en 1924 par
des« travaux d’intérêt général », guère plus réjouissants !

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’administration de l’île se met aux ordres du gouvernement collaborationniste de Vichy avant de rendre les armes aux Anglais qui occupent Madagascar en 1942.
Le
s Anglais remettent l’île aux représentants du général de Gaulle. Maladroits, ces derniers multiplient les réquisitions sous prétexte d’accélérer le développement de l’économie. Ils humilient les habitants en leur appliquant de façon rigoureuse le statut de l’« indigénat ». A Tananarive, la capitale, les élites malgaches se prennent à rêver aux principes de liberté édictés par les Anglo-Saxons dans la Charte de l’Atlantique. Beaucoup revendiquent une intégration complète de l’île dans la République française.
Trois députés malgaches à l’Assemblée constituante française fondent dès 1946 à Paris le Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache (MDRM)


L’Insurrection

Le 29 mars 1947, l’île se soulève. L’administration n’est pas prise au dépourvu mais elle n’a rien fait pour empêcher l’insurrection. A Diego-Suarez, Fianarantsoa et Tananarive, les insurgés sont tenus en échec. Ailleurs ils remportent des succès avant d’être refoulés. Des plantations européennes isolées sont attaquées. La répression est impitoyable. Dès le mois d’avril, les autorités envoient à Madagascar un corps expéditionnaire de 18 000 hommes - essentiellement des troupes coloniales et en particulier des tirailleurs sénégalais; il sera porté à 30 000 hommes.

L’armée française opère une répression aveugle : exécutions sommaires, torture, regroupements forcés, incendies de villages.

Elle expérimente une nouvelle technique de guerre "psychologique" : des suspects sont jetés vivants d’un avion afin de terroriser les villageois de leur région.

Elle expérimente des armes biologique dans les forêts.

La lutte va se poursuivre dans l’Est du pays, où deux zones de guérilla résistent dans la forêt pendant plus de 20 mois.

En métropole, quelques journaux parlent du soulèvement, mais le gouvernement et l’ensemble des organes de presse minimisent son importance et ne disent rien de la répression.

En vingt mois, selon les comptes officiels de l’état-major français, la “pacification” a fait 89.000 victimes chez les Malgaches. Les forces coloniales perdent quant à elles 1.900 hommes. On relève aussi la mort de 550 Européens, dont 350 militaires.

Dès le début, le gouvernement de Paul Ramadier avait fait porter la responsabilité de l’insurrection sur les trois parlementaires malgaches du MDRM. Les trois jeunes parlementaires, informés du projet d’insurrection, avaient diffusé dans les villages un télégramme demandant instamment à chacun d’éviter les violences. Leur appel était resté sans effet, mais pour le gouvernement français ce télégramme était en fait un texte codé qui signait leur “crime”. Leur immunité parlementaire ayant été levée, ils sont arrêtés et torturés. La justice française les jugera coupables, retenant la thèse du complot du MDRM. Deux d’entre-eux seront condamnés à mort, avant d’être finalement graciés.


En mét
ropole, Le Figaro et L’Humanité parlent du soulèvement, mais le gouvernement et l’ensemble des organes de presse minimisent son importance et ne disent rien de la répression. L’opinion publique, il est vrai, est davantage préoccupée par le rationnement, les grèves et la guerre froide.
L’insurrection de 1947 a été gommée de la mémoire collective des Français.

En date du 10 juillet 1947, le président de la République, Vincent Auriol, écrivait : « Il y a eu évidemment des sévices et on a pris des sanctions. Il y a eu également des excès dans la répression. On a fusillé un peu à tort et à travers »

1956 : après la défaite en Indochine (1954), La France redéfinit son territoire colonial. Transfert du pouvoir exécutif aux autorités malgaches.
1958 :
Philibert Tsiranana est à la tête du gouvernement.
14 octobre 1958 :
institution de la république malgache.
26 juin 1960 :
proclamation de l’indépendance de Madagascar.






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                                          Monsieur le Gouverneur à Madagascar.





 

 

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                         affiche ventant les bienfaits de la colonisation.

 

 

 

 

 

 

Madagascar, colonie française


  LES CAUSES DE LA COLONISATION

Les causes externes

a- Causes politiques et économiques

  • Pour éviter les rivalités, les pays européens ont partagé le monde pour créer de vastes empires coloniaux. Ils se sont réunis à Berlin pour faire ce partage. Pendant cette conférence, l’Angleterre donne Madagascar à la France en échange de Zanzibar.
  • Avoir un empire colonial était un signe de puissance et un motif de fierté.
  • La révolution industrielle oblige les européens à chercher des matières premières pour leurs usines et des débouchés (marchés) pour les produits finis. Ils ont aussi besoin de terres de peuplement et de travail pour les hommes.
  • Sur le plan stratégique la place de Madagascar permettait à la France de contrôler le commerce international dans l’Océan Indien et d’y installer une base militaire.

b- Causes sociales et culturelles

  • Les Européens pensaient que leur civilisation était supérieure aux autres, par conséquent coloniser et instruire les « races inférieures » étaient un devoir : c’est la mission civilisatrice    ( évangélisation, éducation, répression).

  Les causes internes

  • En 1883-1885, une guerre éclate entre les Malgaches et les Français. Elle se termine par la signature d’un traité (accord). Ce traité considère Madagascar comme protectorat français. Cependant le premier ministre Rainilaiarivony refuse ce protectorat qu’il appelle protectorat fantôme.
  • Le refus du premier ministre provoque une deuxième guerre franco-malgache en 1894-1895. Elle se termine par la défaite malgache et la signature d’un protectorat réel.
  • Des révoltes éclatent car la population malgache conteste ce protectorat. Des mouvements de résistance se forment ainsi que des mouvements xénophobes.
  • La réaction de la France est immédiate :
    • une loi d’annexion est votée,
    • le protectorat est aboli et le 6 août 1896 Madagascar devient une colonie française.

 L’ADMINISTRATION COLONIALE

Face aux différentes révoltes, la France envoie le premier gouverneur général, le général Gallieni, pour contrôler les Malgaches et pour faire régner la paix. Gallieni va mettre en place une administration militaire qui sera remplacée par une administration civile.

  Administration militaire : la pacification (1896 -1905)

La pacification est la période pendant laquelle le général Gallieni rétablit la paix à Madagascar. Pour cela il utilise différentes méthodes :

  • Politique de la terre brûlée : pour obliger la population à se soumettre, on détruit leurs cultures et leurs villages.
  • Politique des races : il faut abattre la domination merina de l’époque.
  • Politique « diviser pour mieux régner » : il faut séparer les Malgaches pour créer une confusion.
  • Politique de la tâche d’huile : pacifier d’abord le centre et seulement après les autres régions pour arriver à tout Madagascar.

Cette pacification s’accompagne d’exécutions des chefs de mouvements de révolte pour terroriser la population. Les postes militaires ont été créés pour mieux contrôler la population.

 

 

 

 

 

 

 

 

  « Voici ce que j’ai à vous dire. Vous avez reçu le Journal Officiel, vous avez vu l’arrêté proclamant l’émancipation des esclaves et vous avez fait afficher le même arrêté sous forme de placard. Cela doit surprendre le peuple. Convoquez-le donc en réunion publique pour l’engager à ne pas s’émouvoir à propos de rien. Car il s’abuse sur le sens de cette décision, simple formule verbale en usage chez les Européens mais n’ayant à Madagascar aucune portée. En réalité, les esclaves n’ont pas à bouger de chez leurs maîtres : il n’y a rien de changé dans nos lois. Veillez sur le royaume et vivez heureux :

J’ai dit. »

Lettre dictée par Galliéni à Rainitsimba Zafy, Premier Ministre, Tananarive, 28 septembre 1896. []

 

 

 

 


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Trait d'héroïsme du général Galliéni à Madagascar, le petit journal, 26 juin 1898



  Administration civile

a - Organisation générale

Le Président de la république française est le premier responsable de l’administration coloniale. Il est suivi du ministre des colonies qui s’occupe de l’administration coloniale et désigne les gouverneurs généraux dans les colonies. Ces deux personnalités résident en France.

b - Organisation interne

Les fonctionnaires responsables de l’administration coloniale :

  • Le gouverneur général : il a tout les pouvoirs et publie les lois. Il est de nationalité française.
  • Le secrétaire général : il est responsable de l’administration civile et politique. Il est également français.
  • Le conseil de gouvernement : il est composé de 15 membres dont 13 Français et de 2 Malgaches. Ce Conseil s’occupe de la politique générale du pays.
  • Les représentants économiques et financiers formés de 50 membres (25 Français, 25 Malgaches) : ils s’occupent de l’élaboration des lois et de l’aménagement du territoire.

c - Division administrative

  • Madagascar est divisée en provinces, dirigées par un chef de province de nationalité française. Il exécute les ordres du gouverneur général.
  • Chaque province est divisée en districts dirigés par un chef de district de nationalité française. Il contrôle l’exécution des tâches et il conseille.
  • Chaque district comprend des cantons dirigés par un chef de canton de nationalité malgache. Il tient le registre et collecte les impôts. Dans son travail le chef de canton est aidé par le chef de village et le chef local traditionnel. Dans les cantons la population est organisée en fokonolona.

 Les rôles de l’administration coloniale

Elle représente directement la métropole. Elle assure l’application des lois et la bonne marche des services publics. Elle aide les colons à sauvegarder les intérêts de la France à Madagascar.

 L’EXPLOITATION COLONIALE

Le principal objectif de la colonisation est l’exploitation économique de Madagascar. Pour réaliser ce but différentes mesures ont été prises par l’administration coloniale : le code de l’indigénat, le pacte colonial, et les impôts et prestations.

  Le code de l’indigénat

C’est l’ensemble des règles qui placent les indigènes sous la domination des colons. Le non-respect de ce code expose l’indigène à des punitions très sévères. Les mesures d’ordre social et politique ont été prises. La société coloniale a été divisée en deux classes :

  • La classe des dominants constituée par les colons : les Français qui ont tous les pouvoirs administratifs et politiques ainsi que tous les moyens de production.
  • La classe des dominés constituée par les Malgaches. Cette classe est elle-même divisée en deux :
    • Les citoyens : les Malgaches privilégiés mais minoritaires qui obtiennent quelques avantages mais restent soumis aux Français.
    • Les indigènes : la masse populaire malgache soumise au code de l’indigénat. Ils sont comme des objets, des moyens de production français. Ils n’ont aucun droit politique et administratif. Ils doivent payer les impôts et faire des prestations (travail forcé).

 Le pacte colonial et l’économie de traité

a- Le pacte colonial...

est un système économique qui oblige chaque colonie à ne vendre et à n’acheter qu’à sa métropole. Son objectif est de rendre l’économie de Madagascar dépendante de celle de la France. Il élimine la concurrence des autres pays et il fait de Madagascar une source de matières premières pour l’industrie française et un débouché pour vendre des produits manufacturés. Pour favoriser ce pacte des mesures ont été prises :

  • Les transports de produits entre Madagascar et la France se font par l’intermédiaire de grandes compagnies de navigation françaises ; exemples : CLM : Compagnie Lyonnaise de Madagascar, CMM : Compagnie Marseillaise de Madagascar, SICE : Société Industrielle Commerciale de l’Empire.
  • Il est interdit de construire des usines à Madagascar pour ne pas concurrencer les usines de la métropole.
  • Les produits des autres pays sont taxés à la douane tandis que les produits français entrent librement.
  • Madagascar entre dans la zone franc pour faciliter les échanges commerciaux.
  • Un réseau bancaire a été créé pour financer les grandes compagnies commerciales ; exemples : la banque de Madagascar et le comptoir d’escompte.

b- L’économie de traité

Pour développer l’économie de traité, la France remplace l’économie d’autosubsistance par l’économie de marché. C’est une politique des colonisateurs qui consiste à acheter les matières premières à bas prix et à revendre les produits finis à prix élevé. Pour assurer le bon fonctionnement de l’économie de traité, les Français adoptent une loi sur le régime foncier et deviennent propriétaires des terres des Malgaches. Ces derniers doivent alors travailler dans les plantations françaises.

Les impôts et ses prestations

a- L’impôt

est une somme d’argent que l’on doit payer aux autorités. Pendant la colonisation l’impôt était une source d’argent pour l’administration coloniale. C’est aussi un moyen pour forcer les Malgaches à travailler dans les plantations françaises. L’impôt est un moyen pour éduquer et civiliser les malgaches par le travail. L’impôt permet le contrôle de la population. Les différents types d’impôt sont :

  • la capitation,
  • l’impôt sur les biens,
  • l’impôt ou taxe sur les marchés.

b- Les prestations ce sont des mesures qui obligent les indigènes à faire des travaux gratuits pour l’administration coloniale dans le but de :

  • Solutionner les problèmes de main d’œuvre.
  • Tout homme malgache de 16 à 60 ans doit faire des travaux obligatoires de 10, 30 et 50 jours dans l’année. Durant cette période les hommes malgaches ont construit des routes, des chemins de fer, des tunnels, des ponts, des écoles, des hôpitaux...

 

 

 

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Construction de la voie ferrée Tananarive Tamatave (vers 1908)


Le but des prestations était aussi de lutter contre le brigandage et le vagabondage. C’était aussi un moyen de répression contre les mouvements de contestation. En 1901 les prestations sont supprimées par Gallieni et en 1926 l’administration coloniale met en place le SMOTIG (Service de la Main d’Oeuvre pour les Travaux d’Intérêt Général). C’est un service militaire obligatoire pour tous les jeunes pendant 3 ans.

  Le bilan de l’économie malgache sous la colonisation

La France n’a pas cherché à développer Madagascar.

Son principal objectif était de piller les richesses :

  • Madagascar était devenu un fournisseur de matières premières.
  • Madagascar était aussi devenu un marché exclusivement français.
  • Vol des terres des Malgaches.
  • Déséquilibres régionaux : seules les régions riches sont développées.

  • Développement des transports (routes, chemins de fer...) uniquement pour acheminer les richesses vers la mer.





Propagande

La légende dorée de Gallieni

La légende “dorée” du général Gallieni à Madagascar.

« Le général Gallieni gouverne notre colonie de Madagascar. Partout il construit des routes, il ouvre des écoles. » Tel est le commentaire de cette image tirée d’un manuel d’histoire de 1933. Une parfaite illustration de la légende du général Gallieni, celle du colonisateur « civilisateur ».

[L’Histoire, octobre 2005, n° 302 La colonisation en procès
]

Pétition de 51 colons français au Gouverneur général de Madagascar, le 13 janvier 1900

« M. le Gouverneur,

« Comme nous tous vous êtes au courant de la mortalité effrayante qui frappe les prestataires  employés à la construction de la route de Tananarive-Tamatave : elle a atteint dans ces derniers mois une proportion si grande qu’on peut prévoir qu’à brève échéance, la population même la plus valide des hauts plateaux sera tellement réduite que les colons ne pourront bientôt plus rien entreprendre, tant au point de vue du commerce que de l’agriculture et de l’industrie, dans ces régions où ils ont cependant le plus de chance de réussir.

« La question commence à se poser sérieusement de savoir s’il n’est pas préférable de ne pas avoir de routes, mais de conserver une population valide susceptible de mettre Madagascar en valeur, plutôt que de créer de belles pistes carrossables au prix de tant d’existences humaines sacrifiées, dans un pays où la population, si peu dense au moment de la conquête, s’éclaircit tous les jours davantage. Les indigènes sont d’ailleurs tellement las et exténués par des corvées et des travaux incessants, qu’ils déclarent aujourd’hui hautement préférer la mort à toute occupation autre que celle de la culture de leurs champs.
 
« C’est donc avec une fréquence vraiment inquiétante que se multiplient ces actes d’arbitraire dont chaque jour, colons et Malgaches ont à se plaindre. L’indigène est arrêté, emprisonné pendant des mois sans jugement, sans interrogatoire ; et cela avec d’autant moins de ménagements que le détenu est toujours utilisé comme main d’oeuvre économique. »






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Le petit journal - 2 juin 1895


http://www.transmad.org/IMG/Madagascar_a_voir_et_a_savoir/mada3.gif


Textes et photos extraient du site LDH-Toulon.net


29-mars-1947 5670 [800x600]
Moramanga un haut lieu de la révolte


29-mars-1947 5672 [800x600]
Cimetière des victimes de la répression



29-mars-1947 5679 [800x600]

Le gouvernement envoie à Madagascar des renforts, essentiellement des troupes coloniales (tirailleurs sénégalais) : au total 18.000 hommes début 1948. La répression donne lieu à de nombreux débordements et crimes de guerre : tortures, exécutions sommaires, regroupements forcés, mises à feu de villages...

Parmi les crimes les plus graves figure celui du 6 mai 1947, quand le commandant du camp de Moramanga, dans la crainte d'une attaque, fait mitrailler plus d'une centaine de militants du MDRM emprisonnés dans des wagons.

L'armée française expérimente aussi une nouvelle technique de guerre psychologique : des suspects sont jetés vivants d'un avion pour terroriser les villageois de leur région.



29-mars-1947 5680 [800x600]

29-mars-1947 5676 [800x600]

29-mars-1947 5674 [800x600]
Les familles des victimes dédicacent leur nom sur les feuilles de cisale lors de leurs visites.

Madagascar-1947.jpg
La couverture du livre de Jean-Luc Raharimanana, Madagascar 1947, paru en 2007, puis réédité en version bilingue français-malgache. Ce texte, dont la vigueur poétique n’est pas sans rappeler le Cahier au retour d’un pays natal d’Aimé Césaire, est accompagné d’images jusque là inconnues du fonds Charles Ravoajanahary. Il a été porté au théâtre par Thierry Bédard de 2008 à 2010.

Revolte-1947_Soumis--605x812.jpg
Un "soumis" de 1947. Cette image, est reproduite dans le livre de Jean-Luc Raharimanana, Madagascar 1947, Paris, Vents d'ailleurs, 2007.

img-article125--images-blog-.jpgTract d'une société secrète
l'Union Patriotique, avril 1946


(Cliquez sur le lien)


Voila pourquoi les pays du Nord sont devenu riche...
100-ans-de-domination-francaise.PNG

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Published by dédémada - dans Histoire
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commentaires

Catherine Douyère 22/12/2011 18:38


bonjour DD,


merci pour ce site et les photos nombreuses et magnifiques.


cela se sent quand quelqu'un aime notre île !


par contre il faudrait revoir vos chiffres à la grande baisse réellement exagérés pour ce qui est de la révolte de 47 !  jamais il n'y a eu de massacre tel que vous décrivez !  faites
des recherches approfondies et vous verrez.


bonnes fêtes prochainement à vous et aux vôtres 


Cath la zanatany 

annie reymondie 05/07/2010 17:30



Je découvre avec consternation l'histoire de Madagascar et le joug colonial de notre chère patrie



dédémada 07/07/2010 22:25



Merci Annie pour vos commentaires. Hé oui le passé coloniale est occulté et comme dirait Anne Roumanof "on ne nous dit pas tout"


Amitié,


André



Gilles 17/06/2010 18:17



Effectivement éffaçé de notre mémoire colective, et épisode colonial n'est pas très glorieux ...heureusement que les Malgaches d'aujourd'hui ne soient pas trop rancuniers !



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